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Etats de surface de la Poésie

de Philippe Leteissier

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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 10:59

environnements à propos du cercle répons du cri d’écoutez vous suis né pourtant n’entâchent qu’aux abords d’heures congrues et en soi marteler martèle s’horrifier porteur de l’à main levée étendard maigrelet d’un jeu de mots peu subtil sûr du galet nouées fricassées s’arpentèrent démesurément mais d’où tombent-elles sans arrêt [demandait ton frère dans une langue qui n’était plus la tienne] ces troubles manigances dès que je veuille ne plus écrire une phrase qui ne touche n’étant ni du monde de ceux qui bouge non paré à bougé d’aussi frêle des brins secoués par les trop malheureusement dives accents de la langue [pas celle de ton frère ici] les trop talentueux doux et terribles émergés

 


 

qui veille de ce ce sec si ce n’est la fortune contre notre anonymat quelle cathédrale est reste semblable comme debout à l’autres l’eau se pliant d’amblée – parce que c’est beau – à l’eau d’avance se communiant dès l’apport pas neutre une saveur de plus aus saveurs [d’écran] une faveur pour le moins domestiquée tu le Prince l’aster ne seul un pied s’encontre fidèles qui s’écharpent à chaque nouvelle charade puisque dores et déjà j’ai eu un père et une mère ce soir contre leur oblique [je fais le tri] non adequat de leur enfant-fils tenu promené par la main sur le trottoir comme une simple virgule, comme moins qu’un sac de mots miens un très certainement pauvre gosse [d’à moins la torture = ou sa résonance]

Par Philippe Leteissier - Publié dans : En route (textes récents)
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Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 23:17

Voici quelques textes extraits du recueil inédit intitulé En route (ou La fabrique de ma fatigue).

La mise en page n'apparaît pas ici toujours à l'identique de l'originale. Des photos accompagnent les textes. Certaines figurent sur le blog.



 

LA BALLE AU BOND

A. Acuité

Acuité? Il faut voir. Avant tout apprivoiser [s'assimiler] l'espace, puis. Avancée. Néfaste [pas forcément] à la cicatrice bâillonnant impérieusement notre propension à la progression - linéaire: toujours en avant! Opportunité, balle au bond. Finalité, finale; il y a encore [toujours] du hasard là-dessous. Pile ou face? Tournés vers l'autre? Tournés vers de l'autre? Altruisme de surface comme de contre-vérité. Nous sentons bien que notre objet risque de nous glisser entre les mains. Aussi sommes-nous, amèrement, pathétiques et limpides [sans calcaire], notre propre huée. Notre propre calvaire. Gagner du terrain [gagner - terrain - homme]. Pneuma, horde d'airs et de claquements. Claudications aussi, ne pas les oublier! autour, tout autour. Car enfin, et cette attention centrifuge ? Cet "on-ne-sait-en-réalité-qu'-en-faire"; empêtrés qui se démènent, qui courent, qui courent les rues…

B. Altérité.

On nous dira: "l'Echange!" Mais de quoi, si ce n'est d'échange même? celui de:


La certitude gonflée d'un défaut d'orientation
en échange de
L'intolérance cultivée dans la motricité

c o n t r e

Le salut par la préhension
en échange de
L'extase du non-contact

Houle lancinante qui n'a de toute façon rien à voir avec son objet, attention centripète individuée - collages imminents de tendances diverses et pouvant être attendrissantes sur toute la surface écarlate de la balle. Mais que faire de ces deux mains tendues et privées de leur chère promise? Sphère. Qu'oser entreprendre de constructif qui saurait être révélateur, même d'une autre bonne nouvelle, face à des bras en croix, veufs, isolés, incarcérés, face à ces millions d'espèces de regards, caves, décavés?
Dans l'obstination sonore du rebond [du regard] comme la révélation ou, à tout le moins, le signal d'une parité ; qu'on se représente sa source, qu'on succombe un temps sous sa transe :
BOUM...BOUM...BOUM...BOUM...BOUM...BOUM...BOUM...





C. Propriété.

Revendiquée, reconnue, on ne s'adonne à cette boisson que par déréliction. Captation, capture, captivité; c'est le tollé. Le Monde s'est aperçu qui chante: "C'est à moi!"
Alléluia! Notre mini-cosmos, notre fonderie. Nous en avons écoulé des pierres et des pierres! Notre carrière. Nous tombons tous d'accord, fini le temps de la soupe aigre, nous entrons dans l'ère définitive de La Passe!

D. La Passe.

Transmigration de l'âme? C'est sans doute aller un peu fort. Et cependant. Regardez avec quel recueillement, quel culte rendu, quelle application... Il y a de la relique là-dedans. Véritable [seul] holocauste.

E. ...et humiliée.

Chasse à la balle ou Balle au chasseur

Les joueuses se dispersent sans ordre. Une joueuse désignée par le sort, essaie de frapper une autre joueuse avec une balle. La joueuse touchée doit alors ramasser la balle et essayer de toucher les autres. Quand une joueuse manque celle qu'elle visait, elle doit alors ramasser sa balle elle-même. Mais les autres joueuses peuvent l'en empêcher en faisant rouler la balle avec le pied.

Variantes. Ce jeu peut aussi se jouer par équipes. Une équipe se distinguera de l'autre par un mouchoir noué au bras. Chaque fois qu'une joueuse sera touchée par une joueuse du camp adverse, elle devra sortir du jeu. L'équipe gagnante est celle qui réussit à mettre hors du jeu toutes les adversaires.

             Extrait de l’ouvrage 400 jeux pour jeunes filles et enfants, édition Etienne Chiron.

F. Détriments.

« J'ai usé mon éternité entière à maudire cette balle qui n'a jamais voulu de moi. C'était " l’amitié" qui se refusait, qui me fuyait constamment. C'étaient les regards inquisiteurs, ulcérés, révoltés et révoltants de la mère jetés en pâture à sa pauvre fille absolument aimante, sa pauvre fille gauche, incapable, éperdue, sac vide de bras ballants. C'était [déjà] [initialement] le sarcasme cuisant de la balle-au-bond. C'était enfin le banc, le banc vide réservé à mon unique solitude, réservé à mon appartenance au camp à part, pendant que là-bas, au-delà de la touche, ailleurs, entre elles, elles se livraient, cœurs vaillants, à une débauche d'altérité. »

 


 

 


Texte 9  (1° partie)

j’aime la visée d’un point d’ombre qui m’observe repère en quelques mètres de serrage parois et tubes en abrupt s pour la voie des conques et soufflées subite j’ai partie comme sous les voiles déçu de cet entretien de connivence dont nous empeigne la teinte connue le ton par-dessus l’atteinte nerveuse au seuil la tonsure l’équivalence des mires de rebonds la chance nous sied moins que la chambre partagés entre nos deux ronds d’espace d’espace seulement(s) équivalence d’un rendement d’une quittance loyale je te remets d ’avance son sceau qui de sur-nage s’exclame : « ça y est ! » je nous voix NU comme ver je tends de nouveau vers cette tâche

géomètres

nous les géomètres nous en pensées et d’avances bas les masques jeux d’angles on nous transpercera menue fringales poignées entourée d’ombres qui fait le tour qui de s’attabler le verre rempli et bien serré dans la main fiable en ses ossement de sentier rendu ton ravalement ta position idoine ton à-propos pesée de chances entoilées châssis de rencontre toile contre toile c’est dans les écarts des tombes que charrient les silos un grain de folie

ficelles du matin dénudé à ta juste proie en des valeurs inversées en des infusions de polarités déjouée par où passent par où ne repasseront plus les ongles et le buste crasses gâte-sauce frêle envie théâtre de parade et d’entre amis d’entre amis d’entre amis là où on ne rit pas je ne mise que sur le chemin d’esclandre sur la distance recalculée en fin de texte d’après ma seule proximiter en faire en ce lieu brûlant de combustions une affaire de contact montée de toute pièce rejouée la valse des dés jeter comme baigne au large de ton îlots (à cause du silo) le malt insulaire de ta macération

terriens

nous les terriens flanqués contre le sable des parois cette gelée des joies dressé seul échafaud des mystère contre-gré le sourire en décalque sur ta cuisse contre notre élans c’est chacune pour chacun l’induction d’un lien de parenté ta traduction corporelle fil(s) conducteur de tes angoisses sereines des mises-à-bas des écarts pignons contre dents sans ta mise à l’écart terriens plein la bouche d’aqueuse constitution provient ce lien de couche rare marne pour ceux qui espéraient le mortier dignes de nos traditions terriens nos alluvions séchés d’à part nos lits nos dévergondages qu’essuient nos suisses miraculeux ces pognes de préhension ces palans ces cœurs d’artichauts qui n’ouvrent sur rien

 


 

Texte 20 (1° partie)

ce qui approche du « mille éclats » nous évitant tout jeu superficiel des paupières ce nous qui rabat suivant l’effort qui ne dépendra plus d’un vouloir [ il aurait été au préalable décalé ] mais d’un cri [ bel et bien humain – au pied de l’échelle ] un cri sans intention autre que celle de nous rappeler à l’ordre ce qu’en dirait la Grande Ourse autel suspendu de nos décisions déjà demain ne prêcheraient [ tu ] que par les nombreuses – trop claires – impudences de la source dont nous gardons mémoire pour un tiers-tour quand mâcher ne nous enseigne pas la faim quand lâcher prise ce serait [ tout cela pour t’en raconter ] ce serait assainir revigorer – déjà demains ne préfigureraient-ils plus nos saulaies à perte de joie à perte de figures empoussiérées l’emprunt signifiant avant tout la dette parfois une saison emprunte à une autre saison comme en ce moment et c’est là la liesse le grand bain des raisons délicates sans où les baisers fuyantes ne se livrant plus désormais les plaies pures et valables ne s’aimons guère ne s’aimons plus avant même la fin juste peu avant ce sursaut tranchant de temps recroquevillé sur lui-même pris dans ses propres linges emmailloté ne s’aimons guère – certainement- plus [ il faut savoir se l’avouer ] qu’au début du poème qu’ouvrait le mot amour fort dissimulé lâché sans aucune précaution il l’avait écarté par inattention – ou soumission – l’ambition de contenir dans son entier le texte à venir ] de le préfigurer [
dépression
ecchymose
relation à autrui les chevals de Bataille sont trop nombreux mais (et c’est ce qui ne nous sauvent pas) lointains



Par Philippe Leteissier - Publié dans : Extraits d'oeuvres
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